Le point de vue de Gérard Feldzer sur la catastrophe de l’Airbus A330 Rio-Paris, vol AF 447

J’ai publié un article (ci-dessous) imprimé dans Le Monde daté du 14 Juin 2009 concernant l’accident de l’Airbus A330 d’Air France. Malheureusement une grève en a empêché sa diffusion dans les kiosques tout comme les autres quotidiens.

J’y aborde les faits, dans ce que nous en connaissons, en rappelant quelques-uns de nos fondamentaux : un avion vole quelquefois dans des milieux très hostiles, des interfaces hommes-machines peuvent quelquefois dépasser les meilleurs équipages, un accident est le résultat de plusieurs facteurs contributifs, le transport aérien reste malgré tout le plus sûr du monde.

Point de vue
La catastrophe de l’Airbus Rio-Paris impose le renforcement de la sécurité aérienne, par Gérard Feldzer

LE MONDE | 13.06.09 | 14h37
De la panne électrique aux faux débris, beaucoup de choses ont été dites depuis le drame du vol AF 447. Beaucoup de fausses nouvelles, de fausses informations aussi. D’un côté, l’attirance des lumières médiatiques, de l’autre, le scoop à tout prix. Tout cela au milieu d’une communauté aéronautique traumatisée, des familles détruites. Et une solidarité exemplaire des gens de l’air.

Il est légitime de se poser des questions : comment et pourquoi l’avion est-il entré dans cet orage ? Que s’est-il passé dans ce cockpit, aux alarmes multiples et certainement incompréhensibles pour les pilotes ? Qu’aurions-nous fait à leur place ? Mais il est tout aussi téméraire de tirer des conclusions à ce stade, tant il y a de scénarios possibles. M. Pitot devenu tristement célèbre et sa sonde ne peuvent expliquer seuls les raisons du drame et surtout son issue.

Ayant parcouru de nombreuses fois cette ligne de l’Atlantique sud aux commandes d’A330 identiques, dont certainement celui qui vient de s’abîmer, connaissant ces fronts tropicaux pour les avoir pratiqués en avion (mais aussi en ballon à pédales lors de ma traversée avec Nicolas Hulot, brutalement interrompue), je peux attester de la violence considérable des fronts intertropicaux, surtout à cette période.

Cet accident nous renvoie à une meilleure appréhension des caprices de la nature qui deviennent de plus en plus violents. Comme si elle nous disait à nous Terriens : « Faites avec moi, jamais contre moi, vous ne serez pas les plus forts… » Même si rien n’autorise à lier la disparition de l’Airbus au réchauffement climatique, comment s’empêcher d’y penser ? Alors que nul ne conteste plus parmi la communauté scientifique que la température de l’eau des océans a tendance à s’élever et avec elle l’évaporation et la condensation de la vapeur d’eau, sources d’énergie et moteurs de ces redoutables perturbations.

Bien sûr, le pot au noir si bien décrit par Mermoz a toujours existé. Le front intertropical a toujours eu ses masses nuageuses semées de cumulonimbus gigantesques. En trente-cinq ans de traversées océaniques en tant que pilote, puis commandant de bord, j’ai constaté que les cumulonimbus étaient de plus en plus imposants, recelant une violence accrue, nous contraignant à des évitements plus larges. En mettant toute notre confiance dans notre précieux radar de bord pour les contourner.

Pour autant, nous ne pouvons exclure, comme dans beaucoup d’accidents, une accumulation de facteurs, certes climatiques mais aussi techniques et/ou humains, sans même écarter pour l’instant l’hypothèse d’un attentat, même si elle semble de moins en moins probable.

Nous voudrions pouvoir répondre à toutes les questions des proches des victimes, et à toutes celles des autres personnes concernées et consternées : pouvait-on éviter l’accident ? ; les passagers et l’équipage se sont-ils rendus compte de quelque chose ? Ont-ils pu réagir ? Ont-ils ressenti quelque chose ? Enfin cet accident peut-il nous servir au moins à en éviter d’autres ? Une longue enquête sera nécessaire pour répondre aux deux premières interrogations, mais il n’y a aucun doute quant à la troisième : la réponse des constructeurs, des compagnies, des pouvoirs publics devra être à la hauteur du traumatisme subi.

Cela implique la mise en œuvre d’améliorations dans tous les domaines, celui des cartes météo et des images satellite « à la demande » accessibles dans les cockpits, des liaisons planétaires sans « trous de fréquence », une couverture radar planétaire, le remplacement ou le doublement des boîtes noires par la transmission en temps réel et automatique de toutes les données sécurisées et confidentielles et pas seulement celles liées aux impératifs de la maintenance à l’escale, de meilleures interfaces hommes machines, etc.

Cela dépasse les capacités d’une seule compagnie, d’un seul constructeur et de sa chaîne de sous-traitants, seraient-ils aussi performants qu’Air France et Airbus qui nous proposent, j’en témoigne, les plus merveilleux, les plus sûrs avions du monde aux commandes desquels, en 20 000 heures de vol, j’ai sillonné la planète et conduit mes passagers à bon port. Parce que la sécurité n’a pas de prix, elle ne peut être un argument de vente entre industriels ou compagnies qui doivent garantir, au sol comme dans le ciel, un niveau de sécurité égal pour tous.

Parce que la sécurité n’a pas de frontières (on a pu compter plus de trente nationalités à bord du vol AF 447), il est indispensable de renforcer, sans plus attendre, un programme international de la sécurité aérienne, cofinancé par tous les acteurs : les compagnies, les constructeurs, les Etats, les organismes internationaux. Puisse cet accident, si exceptionnel, même si ses causes réelles ne peuvent être établies, changer notre façon d’appréhender le transport aérien.

Puisse-t-il nous inciter à approfondir, exploiter et mettre en œuvre beaucoup plus rapidement les coopérations internationales, et à réunir des moyens supplémentaires en faveur d’une sécurité partagée, pour que l’avion reste l’un des moyens de transport les plus sûrs au monde. Nous devons nous améliorer, et la technologie continuera de diminuer les risques.

Mais nous devons être conscients que les risques majeurs pour l’humanité vont se jouer dans les années qui viennent. En décembre à Copenhague, lors de la conférence planétaire sur le climat, nous avons rendez-vous avec l’histoire, la nôtre. Comprendre la nature, la respecter, nous doter de meilleurs outils d’observation et de prévention, voilà qui nécessite une prise de conscience et une volonté politique inflexible de nos décideurs.

Gérard Feldzer,
Directeur du musée de l’Air et de l’Espace, membre de l’Académie de l’Air et de l’Espace.
© Le Monde

64 réflexions au sujet de « Le point de vue de Gérard Feldzer sur la catastrophe de l’Airbus A330 Rio-Paris, vol AF 447 »

  1. Merci, Gérard. A ceux qui, comme moi, ne sont pas des connaisseurs très éclairés de ce domaine, ta contribution apporte à la fois une mesure bien souhaitable et une vision claire de la question. Il est très difficile de prendre du recul -a fortiori de l’imposer- sur un évènement aussi terrible. Pour autant, il va être essentiel -pas facile non plus- que passé le temps du deuil une vraie réflexion de fond puisse s’instaurer entre les acteurs majeurs du domaine.

  2. Bonjour, Merci à M. FELDZER. Sa façon de s’exprimer clairement mais sans langue de bois, dans les différents médias, laisse à penser qu’enfin on nous prend, nous autres, pauvres passagers ignares, pour des gens avec qui on peut communiquer et expliquer les faits. Merci et continuez de la sorte.

  3. Bonjour Gérard et merci.
    Nous avons souvent volé ensemble. Je retrouve dans cet article, toute ton humanité, celle que j’ai connue en escale. et notamment sur un Rio où tu avais emporté ton aile. t’en souviens-tu ? Je continue de voler. Alors bien sûr, ton article m’éclaire, me réconforte. Merci de ta présence sur le net comme jadis aux commandes de nos avions. Une pensée émue vers mes collègues-amis, nos passagers et leurs familles. Une chapelle ardente est installée dans nos locaux. Passe, si ce n’est déjà fait. Les fleurs y sentent bon l’espoir de ne plus revivre ce cauchemar. Olivier. PNC AF

  4. Merci Gérard pour le recul nécessaire et aux explications simples que tout le monde peut comprendre. Dans notre société il faut vite un coupable pour se rassurer les uns les autres, mais des facteurs cumulés, hélas dans ce tragique évènement, on ne peut les prévoir.
    Continu à semer ton franc parler et à nous éclairer, nous « aviono-phyte ».

  5. Bonjour : nous avons régulièrement l’occasion de vous voir sur les plateaux TV et j’ai toujours apprécié vos côtés posé et pédagogue. Mon frère est stewart et lorsqu’un accident comme celui-ci survient, ce sont tous les pilotes et équipages du monde qui souffrent, tout comme le grand public. Alors, c’est gentil de nous tenir informés et vous en remercie.

  6. bien. très bien!! pour ce point de vue d’un spécialiste !!
    puis je me permettre si vous le voulez bien de rapporter ceci.
    j’habite une région qui ‘portait’ pour nom et baptisée par les pilotes ??? ‘le triangle maudit’ soit le massif du canigou 66 ou de 1958 à 1967, 5 avions sont tombés, dont le dernier avec une centaine de morts si je me souviens bien !!!! jamais nous n’avons su quelles étaient les circonstances de ces accidents, mais toutes les hypotèses allaient bon train.
    Depuis beaucoup de remèdes ont étés apportés à ces maux !!!! et qui n’existe plus maintenant ici. Croyez vous que l’on risque à nouveau de rencontrer pareils phénomènes ???

  7. MESSAGE VOLONTAIREMENT POLITIQUEMENT INCORRECTE :

    Ce type d’accident, n’a t’il pas malheureusement, « l’utilité » de rappeler aux pilotes, aux compagnies, aux gestionnaires et aux passagers, que la ligne droite en aéronautique, n’est pas forcément le chemin le plus court pour arriver à bon port !

    Ces dernières années, combien de vols transatlantiques, en passage du pot-au-noir, ont refusé de décoller ou ont retardé leurs départs pour cause de fronts orageux trop violents ? La grande majorité des usagers qui déplorent l’accident actuel, seraient les premiers à trouver scandaleux de tels retards, non !?

    Nous devrions tous apprendre par cœur cette phrase de Dame Nature que tu cites :
    « Faites avec moi ! Jamais contre moi vous ne serez les plus forts…»

    Amicalement,
    Regis

  8. Bonjour, merci Mr FELDZER, merci pour votre article qui, enfin, donne une vue réel sur l’aéronautique et le monde dans lequel l’aéronautique évolue. Je travaille dans l’aéronautique et je me sens très concerné par chaque accident d’avion mais également par chaque décollage/vol/atterrissage réussite, parlons-en aussi des réussites des pilotes mais également des ingénieurs/techs, personnel de nettoyage et tous ceux qui font voler les avions en toute sécurité (n’oublions pas les comptables, admins… la liste est longue). Superbe article.

  9. Je remercie Monsieur Gérard Feldzer pour cette vision si représentative empreinte d’humanité, et m’associe à la tristesse du monde aéronautique.
    P. Teil
    FFA, APAME, RSA
    en construct. MC30 Luciole n°19 (CNRA)

  10. Votre commentaire est très pertinent, bien fondé et juste.
    C’est une excellente idée de le faire connaître par tous les moyens possibles, car les animosités « particulières » sont trop vulnérables.
    Merci de nous tenir au courant.

  11. Merci Gérard,

    Ton humanité, ton sens de la mesure et ton expérience dans ce drame qui nous touche tous,même simple pilote d’avion « léger », me font mesurer l’honneur de t’avoir rencontré et apprécié lors de quelques réunion FAI.
    Avec toute mon amitié.

  12. Mille fois « bravo », Gérard,
    Tous tes arguments et tes réponses sont très réalistes et tellement réels.
    Comme tu le dis, à juste titre, un accident est le résultat d’une accumulation de petits facteurs négatifs qui conduisent à la catastrophe.
    Ce phénomène peut être lent mais irrémédiable, s’il n’y a pas de correction sur les facteurs défaillants, ou rapide si l’enchainement se précipite trop vite sans pouvoir intervenir.
    Oui, Henri PITOT est devenu d’un coup un physicien célèbre pour avoir mesuré la pression d’un fluide en écoulement. Et sur mes tous derniers vols d’initiation, lorsque l’on me demande pourquoi il y a des « petites ficelles » qui pendent sous le fuselage et que je réponds : « c’est le pitot », il y a une psychose !
    Jean MERMOZ a probablement péri dans « le pot au noir », sensiblement au même endroit , après avoir dit « coupons moteur arrière droit ».
    Il est vrai que la « planète terre » se révolte partout dans le monde, que les CB sont de plus en plus violents et les phénomènes naturels de plus en plus fréquents et destructeurs, aussi si l’être humain n’est pas conscient de cette situation,nous nous acheminons vers une fin rapide.
    Ensuite, il reste la grande machine administrative et politique…et ceci encore une toute autre histoire.

  13. Merci pour le bon sens de tes commentaires, continue de faire
    partager ton expérience.
    Je m’associe bien sûr à votre tristesse à tous et au drame des
    familles des victimes.
    Amitiés.

  14. Merci Gérard pour tes commentaires et tes analyses qui prennent toujours le ton du « Manifeste », donc éduquent et invitent à la prise de responsabilité tout en laissant une place à l’étonnement et à la découverte, sans rejet de la science et de la technique.

  15. Ce journaliste du 4e âge qui a perdu trop d’amis et de connaissances lors d’accidents aérospatiaux, sait depuis longtemps qu’on a intérêt à la fermer et laisser les experts rechercher et trouver TOUS les maillons de la chaîne souvent longue qui a conduit à un accident. Mais c’est une raison pour moi de saluer ton excellent commentaire, aussi sage que ceux de Pierre Sparaco dans Aéromorning. Merci d’avoir souligné le côté météo et réchauffement de la planète qui, disent nos experts de ce côté de l’Atlantique, expliqueraient la multiplication des désastres naturels dont les Etats Unis sont victimes cette année, avec un record de tornades et même, ces derniers jours, de la grêle de la taille de balles de tennis…

  16. Bonjour,

    Je suis surpris que certaines solutions comme la transmission des données enregistrées par les boites noires, en direct par satellites, ou par HF lorsqu’un aéronef est en portée de ce type d’ondes, ne soient toujours pas en service ou même envisagées.

    Ceci de façon à ne pas risquer de les perdre lors d’un accident su dessus d’un plan d’eau douce ou salée, qui représentent tout de même prés de 80 % de la surface du globe.

    Qui plus est dans notre société de l’échange d’information à outrance, alors que des flux d’information plus ou moins sans intérêts parcourent à peu de frais les systèmes de communication mondiaux, il me semble de que telles données d’un intérêt vital évident ne devraient pas pouvoir risquer de se perdre ainsi, dans les profondeurs Océanes, alors qu’il doit être déjà bien terrible pour les familles de victimes d’envisager y laisser les corps des êtres chers.

    Un capitaine de la marine de commerce.

  17. Je ne peux m’empêcher de penser qu’un merveilleux appareil comme le Concorde, condamné sous prétexte d’insécurité, serait passé au-dessus des perturbations.
    Mais j’aurais aussi une question en marge du sujet, mais concernant toujours la sécurité aérienne :
    Dans un numéro récent, Science et Vie explique que la configuration à ailes basses est un facteur aggravant en cas d’accident à l’atterrissage ou au décollage.
    Quelle est donc la raison pour laquelle la plupart des avions de transport civils sont conçus avec des ailes basses, alors que de trés nombreux avions militaires sont conçus avec des ailes hautes ?

  18. Merci pour ces précisions.
    Au dela de la nécessaire enquête sur l’accident, il faudrait mener une enquête parallèle sur les commentaires de ceux, politiques et journalistes, qui ne savent rien mais qui parlent beaucoup !…
    Sur les mesures techniques, je pense qu’on devrait plus travailler à simplifier les systèmes qu’à les compliquer par des machins informatiques souvent pas bien maitrisés par les concepteurs comme par les utilisateurs.
    Bien amicalement de la part d’un petit pilote du Dimanche.

  19. Félicitations Gérard tu indiques les bonnes directions à prendre puissent nos décideurs les suivrent.
    Amicalement
    bc

  20. Bravo et merci pour votre analyse. Que n’avons-nous entendu ces derniers jours !. Autrefois vélivole, je sais ce que représente un cumolo-nimb.
    Coincidence, je relisais la semaine passée un ouvrage sur Mermoz …le Pot au Noir… Oui ces situations extrèmes existent.
    Laissons parler ceux qui comme vous savent de quoi ils parlent

    Un ami du Musée de l’Air

  21. Merci et Bravo Gérard, je reconnais bien là dans ton article et dans tes apparitions sur les plateaux de télévision ton extrème sagesse tout en
    essayant de comprendre ce qui a pu se passer.
    Il est important que de grands professionnels comme toi participent à la
    recherche de la vérité en sachant rester dans le concret et non dans le
    sensationnel ou la polémique.
    Bravo également pour ton implication dans le futur « Salon Vert »
    Amicalement.

  22. Il n’y a qu’une seule personne qui soit habilitée à nous parler de cette catastrophe:
    Monsieur Arslanian, patron du BEA.

  23. Bonjour,
    Comme beaucoup, je suis très attristé par cette catastrophe et suis d’autant plus touché que je prennais régulièrement l’avion ces dernières années pour de longs voyages professionnels.
    Le pdf de Monsieur Gérard Feldzer m’a été envoyé par un ami pilote instructeur et je l’en remercie. Il y a tellement d’inepties racontées au sujet du vol AF 447, que l’avis d’un spécialiste reste le plus important même si à ce jour, nous sommes encore certainement loin de connaitre toute la vérité sur ce qui s’est réellement passé.
    D’autre part, je partage l’avis de Mr. Jérôme M. Comment peut-on encore utiliser des boîtes noires de nos jours alors que nous avons des technologies de pointe qui permettraient certainement de relayer les infos de vols les plus importantes en temps réel ?
    Le prix serait-il trop important par rapport au prix de 200/300 ou 400 vies ?
    Je ne suis pas un spécialiste de la transmission, vous l’aurez compris, mais je me pose des questions.
    Très cordialement,
    Eric

  24. Merci Gérard pour ce témoignage sobre et digne d’un pilote particulièrement bien placé pour s’exprimer sur ce drame.

    Une réflexion et une question :

    Les grandes compagnies sont elles encore en mesure de réagir rapidement alors que tout est inscrit dans des cadres stricts, prévus longtemps à l’avance, budgétés de façon rigoureuse, etc. ? Pour avoir dirigé une compagnie régionale qui a été reprise par un grand transporteur et avoir assisté à une période de 2 longues années avant qu’une politique rationnelle soit mise en place dans ce qui était devenu sa filiale, je ne peux que m’interroger. Les entreprises de petite taille sont souvent plus réactives et la consolidation du transport aérien à laquelle on assiste dans le monde entier ne va pas forcément dans le sens de la réactivité d’acteurs de plus en plus lourds. C’est sans doute le sens de l’histoire mais cela ne pourrait-il pas aller à l’encontre de l’amélioration continue de la sécurité des vols ?

    Ma question porte sur les (désormais) fameuses sondes Pitot qui semblent poser des problèmes assez nombreux sur les A330 et A340. S’agit-il d’un nouveau modèle de sondes montées sur les avions livrés ces dernières années ? Comment se fait-il que ces dysfonctionnements n’apparaissent qu’aujourd’hui alors que l’A330/340 est un programme qui a déjà une vingtaine d’années ? On a du mal à imaginer qu’un équipement en usage depuis longtemps se mette brusquement à poser de sérieux problèmes à plusieurs compagnies plus ou moins simultanément sans qu’il y ait un dénominateur commun. On en sait pas encore (et on ne saura peut-être jamais avec certitude) si ces sondes ont été la cause principale d’un enchaînement d’évènements qui a entraîné la perte de l’appareil mais on doit pouvoir identifier depuis quand et dans quelles circonstances ces sondes font l’objet de pannes graves.

    Amitiés,

  25. Erreur d’apréciation des conditions de vol , mécanique defaillante, explosif dans le cockpit.. que s’est-il passée de si soudain sur ce vol AF 447 pour que l’equipage n’ai pu envoyer de message ni les hotesses de s’assoir comme c’est l’abitude en cas des violentes turbulences . .

    Independamment de l’épouvantable drame humain , ne pas donner de vrai réponse restera un coup pour l’aéronautique, celle d’Aibus probablement en premier.

    Il serait souhaitable à l’avenir que les transmissions automatiques communiquent aussi les coordonnées GPS .

    Et, pour les supersticieux (plus nombreux qu’on pourrait le penser), de la même façon la rangée 13 est supprimée sur beaucoup de vol, rebatiser le vol 447…
    Plote privé et un passager avant tout.

  26. Y-a-t-il encore des catalina qui étaient formidable pour la recherche en mer ?
    Bravo pour vos interventions.

  27. Merci pour la mesure du propos.
    Nous avons entendu et lu tant de bêtises débitées par des incompétents que cet article est rafraîchissant. Certes, seul le patron du BEA est habilité à supputer les causes de l’accident au vu des éléments dont ne disposent ni les journaleux ni le public, et c’est très bien ainsi.
    Mais ce n’est pas sur ce plan que se place Gérad Feldzer. Il revient aux fondamentaux, que tous les aéronautes connaissent d’ailleurs. A titre d’exemple, cela l’autorise à dire, et je l’approuve, que les pitots ne peuvent pas être la seule cause. Nous savons tous qu’un accident est toujours le résultat d’une conjonction d’événements défavorables ou (et) d’erreurs humaines dont le plus souvent aucun ne peut seul provoquer l’irréparable.
    Certains ont nié que le cunimb en général puisse être très néfaste ; ceux-là n’ont sans doute jamais eu affaire à un monstrueux spécimen, et Dieu sait si la ZITC, vulgairement appelée pot au noir, en est prodigue. Généralement, pour peu que le radar météo fonctionne correctement, on les contourne. Une expérience chez nous, dans le ciel de France, autour des années 65, autant dire avant le déluge, m’a, faute précisément de radar météo, appris ce qu’il en était. D’abord traumatisante, elle a par la suite été précieuse.
    Or on nous dit aujourd’hui que le réchauffement a des effets grossisssants. Je le crois volontiers. Alors…

    Je pense chaque jour aux familles des victimes, aux patrons, aux équipages et au personnel d’AF souffrant dans leur chair et dans leur âme, mais qui avancent. Grâce au ciel, Mermoz a quelques successeurs.
    Le jour où l’espérance et le désir d’aller de l’avant déserteront l’esprit de l’homme, l’humanité toute entière aura du souci à se faire…

  28. Excellent article, on est loin des âneries lues récemment concernant ce
    dramatique accident !

    Comme quoi on doit toujours laisser parler les véritables experts.

    Bravo!

    A+

  29. monsieur gerard feldzer , je ne suis pas un spècialiste d’aèronotique . meme pas un passionnè , je suis simplement un admiratif des hommes et des femmes qui volent . j’ai eu l’occasion , durant plusieurs annèes de voler sur toutes sortes d’engins volants . ballon avec nacelle , ulm , avions de tourismes , hèlicopteres , e c t … et concorde . j’ai bien lu votre article non publiè ; j’ai bien lu , la totalitè des commentaires de personnes proches ou moins proches . toutes ces rèactions vous sont positives et admiratives ; sur l’ analyse donc vous faites preuve ! pourtant , est là , je ne me pose pas , en qualitè de critique ! mais , eut ègard a votre carriere profèssionnelle , votre expèrience aèronotique , toutes ces heures de vols pratiquèes sur toutes sortes d’engins . toutes ces confrontations avec la nature , tout ces instruments de vols , toujours plus perfectionnès d’annèe en annèe ; donc vous-avez pu bènèficier . je n’est pas trouvè la rèponse au crasch dans l’article ! ceci , n’est pas une attaque personnelle a votre encontre ! mais , un simple constat ; a quoi sert une expèrience de toute une vie , si elle reste muette dans les faits . . . merci de m’avoir lu M S

  30. Certes, mais n’oublions pas que le monde de l’aviation est surtout un monde de concurrence qui a largement permis d’améliorer les avions, d’augmenter le confort des passagers et aussi la sécurité des vols. Entre les compagnies c’est la guerre, comme entre les constructeurs, et rien d’écologique là dedans, qu’une simple logique de performance pour plus de profits. J’admire donc vos rêves verts mais je crains qu’il faille encore longtemps composer avec beaucoup plus trivial, pas forcément à contre courant des objectifs nobles que vous souhaitez.

  31. Bien à toi, cher Gérard, mais quelques questions :
    – l’arrivée brutale sur la mer explique-t-elle la destruction montrée par les débris ?
    – pourquoi les débris flottaient-ils ?
    – les dissections effectuées témoignent-elles d’une dépressurisation brutale ?
    – peut-on écarter l’hypothèse d’un attentat, dévastant immédiatement l’intérieur de l’appareil, ou causant cette dépressurisation ?
    – on recherche les boites noires mais pourrait-on déceler l’épave elle-même en profondeur ?

  32. merci pour cette communication sur cette catastrophe.president d’un aeroclub je peux vous dire que nous nous sentons tous frappés parce que c’est un avion parce qu’il est d’air france et en partie construit par la france.
    aussi nous attendons de savoir par un expert comme vous plutot que d’écouter les raccourcis rapides et souvent faux de nos medias à la recherche du scoop.
    la france a eu de grands hommes dans l’aviation au 20eme siecle , vous ferez certainement partie de ceux du 21émé : ce melange de competence et humanite est rare.

  33. L’article de Gérard Felzter est la seule contribution sensée à ce jour;
    qu’il en soit remercié;en attente d’éventuelles futures conclusions du Bea, la sobriété du propos invite (aussi) au recueillement, pour ne pas dire à la pudeur et bien entendu à la prière.
    Damien (- ex pilote privé du dimanche)

  34. Bonsoir,
    malgrés tout ce que j’entend je me pose aussi une question
    Si ce n’est un attentat ne serait ce pas plutot une erreure de tir dans un quelquonque exercisse militaire?
    Il me semble que cela c’est déja produit et dans des pays « dit » civilisé.
    J’ai peine a croire qu’un avion dispaisse comme cela si subitement
    Merci pour le commentaire de base

  35. Bravo Gérard pour cette article, et suis d’accord avec toi.
    Attendons parler les véritables experts.
    Trop d’ âneries débitées par les medias, et cela commence à devenir fatiguant.
    Très grande pensée aux familles des victimes et des PN.
    Encore un grand merci pour votre témoignage et votre expérience dans ce domaine.
    Cordialement,
    Eric grand admirateur du musée.

  36. oui enfin pas de langue de bois, BRAVO, la tristesse des familles et les questions sans reponse , pas facile!, le changement climatique a-t-il un rapport avec les violences du temps? à nous de nous interroger justement pour savoir ce que nous devons faire pour notre planete! à mediter! le monde de l’aviation etait la passion de mon epoux, pilote à ces heures dans sa jeunesse, je reste en contact radio avec lui par le biais des airs!

  37. Je suis ex PPLa, 300 h sur Bonanza A36 & de beaux vols à mon actif; Schipol, Oslo, Nice, Biarritz, …

    Une des mesures prioritaires de l’écolage est de voler l’avion en toute circonstance, quoi qu’il arrive.

    Deux constats :

    1/ l’informatique des avions modernes prend le dessus sur la qualité du pilote.

    2/ Les jeunes pilotes sont bien formés en cockpit management mais n’ont sufisamment d’expérience de vol réel en code C/A 7777.

    Ajouter un formation acro / planeur à la licence PP serait peut etre une solution & du plaisir pour les élèves.

    Les examens de licence comportent trop d’administratif stupide ( en Belgique ) & pas suffisamment de pratique de vol.

    Flying Pat.

  38. Bonjour,
    Merci à Mr FELDZER pour ses explications sur le drame du vol AF 447.
    Je me pose quand-même une question.
    Ne pourrait-on pas équipé les avions d’un système automatique permettant
    l’éjection d’un conténeur contenant les enregistreurs de vol dès que l’épave atteint une certaine profondeur.Conteneur équipé d’un système de flotabilitéet de localisation.Cela permettrait de repérer plus rapidement l’endroit du crash et la récupération rapide des informations si utile pour le BEA ,constructeur et Cie Aérienne.
    Je m’associe au drame des famillesdes victimes

  39. Merci Mr FELDZER pour votre article remettant les pendules à l’heure après tant d’informations non fondées du côté des médias. A ce propos, j’ai été heurtée par les journalistes montrant une femme sous le choc à l’aéroport, en première page des journaux alors que le respect et la pudeur devraient s’imposer, de leur part, dans de telles circonstances.
    Bien amicalement.
    Eliane

  40. Merci pour ces lignes clairement exprimées au milieu d’un tumulte généré par cet épouvantable drame…
    C’est toujours avec un grand intérêt que je lis vos écrits ; j’ai notamment le souvenir de l’un d’eux au sujet de l’amerrissage de l’A320 dans l’Hudson ; vous aviez très justement mis l’accent sur le rôle du copilote, grand oublié de cet exploit ; respects.
    Bonne continuation
    Chris

  41. Mon cher Gérard, je suis toujours très content de te voir réagir sur l’actualité aéronautique à titre d’expert, d’un vrai.
    J’étais le 1er juin au-dessus de l’atlantique nord à bord d’un A330 et je n’ai appris le drame qu’à l’atterrissage. Terrible nouvelle et que de supputations ensuite. Et je me faisais la réflection, que si les informations automatiques transmises en HF par l’avion avaient détectées une anomalies dans les tubes pitots, pourquoi ne peut-on transmettre les informations des boites noires automatiquement en HF, également, pour que le malheur des uns profite aux autres à coup sûr, et rapidement.
    Ceci étant, je pense que l’avion a touché l’eau en un seul morceau, brutalement certes, c’est pour cela que l’on ne retrouve que peut d’éléments. La dérive s’est désolidarisée et a donc flotée. Le reste a coulé par la masse.
    Par ailleurs, je crois aussi et tu le dis dans ton article, que le réchauffement climatique, risque de favoriser l’augmentation et la masse des cunimbs et que l’on risque de retrouver des « pots au noir » ailleurs que sur l’atlantique et à des altitudes supérieures à celles de nos avions et donc obligés de traverser ces masses actives et à risque puisque trop importantes à contourner.
    On se rend compte qu’il y a encore beaucoup de progrès à faire mais cela doit être collectif et mondial. Trop de pays ne regardent que leur nombril.
    Merci, de tes interventions sans parti pris.
    Bien amicalement.

  42. Bravo pour votre texte . Ancien des essais en vol , je pense qu’il faut , avant d’en tirer des conclusions , examiner de TRES TRES près tous les objets et , hélas corps des passagers et peut être que là , et je dis bien peut être , aurons nous la clé du mystère , car comment se fait-il qu’aucun message ni de signal de détresse n’ait pu être envoyé ? Même si l’avion était tombé à la verticale de son altitude de croisière , le temps de « descente » aurait été supérieur à 1 minute , ce qui est énorme pour au moins envoyer un début de message . Ce n’est qu’une question …
    Attendons , même si cela est très dur pour les familles dont je partage la peine , que les expertises aient abouties

  43. Merci pour cet excélent article.
    Mais une question se pose, les équipages ont-ils l’ordre de continuer sur la ligne la plus courte, afin de ne pas prendre de retard sur l’horaire prédéfini et de limiter la consommation de carburant ?

  44. Merci Gérard pour cette lettre modeste et ô combien réaliste.

    Si seulement les journalistes pouvaient se taire un peu et ne rapporter que des faits au lieu de passer des heures entières à faire du remplissage.

    Si je t’ai à bord de mon 777 ne manque pas de te signaler.

    Amitiés.

  45. Mr Feldzer,
    Les phenomènes connus sous le nom de « trous d’air » et leurs conséquences impressionnantes parfois,ne peuvent-ils résulter aussi
    de vitesses erronnées communiquées par les tubes de Pitot ?

  46. Cher Gérard,
    Tu as la simplicité des gens de grandes valeurs: humanité,larges connaissances,multiples pratiques incontestables,humilité…..
    Tes propos sont justes et mesurés.

    Les informations fournies par les sondes PITOT se seraient traduites par des indications de vitesse aberrantes.Ces sont ces sondes qui aujourdh’hui ont été médiatisées.
    Cependant n’y a-t-il pas d’autres informations fournies par le systéme ACARS, en particulieir, celles des sondes d’incidence a girouette qui pourraient indiquer des incidences elles aussi aberrantes ,avant l’issue fatale ?

    Quoi qu’il en soit,des familles,au sens large,sont endeuillées.Nos pensées vont vers elles.

    Il faut espérer que l’enquéte ne soit pas un sujet de polémique et que ses résultats fassent avancer la sécurité pour que l’Aviation ne crée pas de psychose.

    Trés amicalement

  47. Cher Gérad,
    Je ne suis pas celui ex ‘EDAS mais l’autre homonyme.
    Bravo et puis encore Bravo pour ton exposé. Je me souviens de ton dernier « briefing » de ton cru qui était ton discours aux pax en arrivant à Dakar apres une grosse agression en vol; et ton discours était à la hauteur de ta grandeur d’ame (j’ai gardé la copie). Ta vision globale aussi interpelle nos raisonnements de Navigants cartésiens avec l’évolution climatique.
    Heureux de te compter parmi nos amis.
    Bien à toi
    Philippe Camus

  48. Merci Gérard, ton intelligence, bon sens et grande humanité font de toi, cet homme, ce commandant et cet ami dont on a tous besoin.
    Tu sais non seulement poser mais aussi répondre aux questions, intéresser tes interlocuteurs et soulager les esprits.
    Nous avons perdu dans ce vol dramatique 2 amis, dont Marc le commandant, ressentant profondément ce drame et ses inconnues, recherchant des réponses sur ce sujet que tu abordes si pleinement avec tant de professionalisme et humanité.
    Comment peut-on marcher sur la Lune, se poser sur Mars et ne pas disposer d´une couverture radar suffisante et parfaitement informante pour suivre nos vols ou les caprices de la nature ?
    Nous avons besoin d´hommes, de passionés et de professionels comme toi pour aider l´humanité et réussir ses défis.
    Merci d´exister.
    Est-il exacte que sont réalisés 180.000 vols par jour x 365 jours =
    65.700.000 vols par ans ?

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